Maux de tête – tour d’horizon

Dans le monde, une personne sur deux souffre de maux de tête chaque année. Les céphalées – terme médical pour désigner les maux de tête – se distinguent en deux catégories : les céphalées primaires, dont certaines névralgies faciales, et les céphalées secondaires, qui sont induites par un autre trouble. Les céphalées primaires sont les plus répandues, avec notamment les céphalées de tension et les migraines. 
Bien qu’elles soient souvent douloureuses et stressantes, il est rare qu’elles cachent une maladie grave. Pour mieux vous aider à les identifier, faisons un tour d’horizon des différents types de maux de tête et de leurs caractéristiques.

CÉPHALÉES PRIMAIRES

Les céphalées de tension

Cause la plus fréquente des maux de tête, elles représentent les 2/3 des céphalées primaires. Les céphalées de tension provoquent une sensation d’étau autour de la tête. La douleur – continue, diffuse et non pulsatile – est quasiment tout le temps présente et son intensité peut varier de supportable à peu supportable.

Les céphalées de tension sont induites par différents facteurs qui peuvent être cumulables : stress, anxiété, fatigue, problèmes de sommeil, tensions musculaires et cervicales, tensions oculaires et mandibulaires, tensions psychologiques, facteurs météorologiques…

Les céphalées de tension ne provoquent pas de troubles digestifs comme des nausées ou des vomissements, ni d’hypersensibilité sensorielle.

La migraine

Représentant 15% des céphalées primaires, les mécanismes de la migraine, complexes, ne sont pas encore tout à fait expliqués par les neurosciences.
Néanmoins, les nouvelles avancées en techniques d’imagerie cérébrale et divers travaux récents mettent en évidence un mécanisme neuro-vasculaire dû à une hyperexcitabilité cérébrale : la stimulation des nerfs autour des vaisseaux crâniens libère des neuropeptides, qui causent l’inflammation. Une dilatation des artères en résulte, ainsi qu’une libération de substances algogènes entraînant la douleur. Le message douloureux se propage et l’information est transmise au nerf trijumeau et à d’autres parties du cerveau responsables de symptômes comme nausées, vomissements, hypersensibilité à la lumière, au bruit, etc.
La douleur de la migraine est donc la conséquence d’une inflammation et d’une dilatation des vaisseaux du cerveau, et particulièrement des artères des membranes enveloppant le cerveau, les méninges.

Adapté de Chauvet S, Giraud P, Stefano L, Teyras E. La migraine : Mieux la comprendre, mieux la vivre. (MANGO, 2019)

Les déclencheurs de la stimulation à l’origine des douleurs peuvent être internes et/ou externes : modification qualitative ou quantitative des repas ou du sommeil, effort physique inhabituel, changements climatiques, chute des œstrogènes en période de menstruation, ou encore émotion positive ou négative. Ces déclencheurs sont, de toute évidence, des aléas naturels, que toute personne vit de façon plus ou moins récurrente. Cependant, pour provoquer des migraines, c’est qu’il y a une grande sensibilité du système nerveux de l’individu.

L’excitabilité cérébrale décroissant avec l’âge, la migraine est rare après 65 ans. Elle est trois fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, en raison des fluctuations du système hormonal. On remarque qu’elle s’améliore lors de la grossesse et après la ménopause.

On dénote deux grands types de migraines, sans aura et avec aura. Les auras sont des troubles neurologiques, transitoires et réversibles, qui surviennent avant l’épisode migraineux : troubles visuels (les plus fréquents), sensitifs, du langage ou de la parole, troubles moteurs.

1 – Migraine sans aura (la plus fréquente)

L’aura n’est pas obligatoire à la survenue d’une migraine, et concerne des personnes ayant une susceptibilité génétique spécifique.

Les douleurs à la tête sont pulsatiles, plus ou moins importantes au départ mais qui s’intensifient avec les mouvements.

Les maux de tête peuvent s’accompagner de nausées ou de vomissements, de photophobie (sensibilité à la lumière) ou de phonophobie (sensibilité aux bruits), osmophobie (sensibilité aux odeurs), allodynie cutanée (hypersensibilité au toucher), fatigue, troubles de la concentration, troubles de l’humeur, raideur de la nuque, pâleur et sensations vertigineuses. Certains patients ont des signes dysautonomiques (larmoiement, congestion nasale…).

2 – Migraine avec aura

Ce type de migraine est accompagné le plus fréquemment de troubles visuels. L’aura visuelle peut se présenter sous différentes formes : un zigzag qui s’étend à droite ou à gauche du champ de vision, des tâches scintillantes, des sensations lumineuses, une vision floue ou dédoublée, des vertiges… et peut entraîner temporairement une perte partielle ou complète de la vision. Ces symptômes sont réversibles.

Dans des cas plus rares, elles peuvent se manifester sous forme de troubles sensitifs tels qu’un engourdissement, une faiblesse musculaire, des picotements, des fourmillements, des sensations de brûlures, une confusion, des troubles du langage… 

Par ailleurs, la migraine avec aura comporte cinq sous-catégories de migraines :

  • migraine avec aura sans céphalée

Ce type de migraine reprend tous les symptômes de la migraine avec aura à l’exception des maux de tête.

Par ailleurs, une étude, menée par les spécialistes de la migraine Lucas Brent, Becker Werner et Elizabeth Leroux, a avancé que certains symptômes tels que la fièvre, les étourdissements ou une douleur inexpliquée dans une partie du corps pourraient faire partie des migraines sans céphalée, appelées migraines abdominales, fréquentes chez les enfants.

  • migraine avec aura du tronc cérébral

Ce type de migraine reprend également les symptômes de la migraine avec aura (troubles sensitifs à l’exception de la faiblesse motrice). La douleur pulsatile peut être ressentie à l’arrière de la tête, des deux côtés.

Les personnes principalement concernées par ce type de migraines seraient les adolescentes en raison de leur cycle menstruel.

  • migraine hémiplégique

Les symptômes de cette forme de migraine, très rare et principalement héréditaire, sont aussi les troubles sensitifs évoqués plus haut. Cependant, en plus de ces symptômes, ce type de migraine entraîne également une faiblesse motrice, voire une paralysie temporaire (qui peut durer plusieurs jours), d’un côté du corps, avant ou pendant les céphalées, ce qui en fait une forme grave.

  • migraine rétinienne

Également très rare, ce type de migraine entraîne, lors des crises, une perte visuelle ou un trouble de la vision dans un œil. Comme pour les migraines avec auras visuelles, elles sont souvent accompagnées de maux de tête.

Les céphalées en grappe ou algie vasculaire de la face

Aussi appelé “céphalées suicidaires”, ce type de maux de tête est reconnu comme provoquant l’une des pires douleurs que le corps humain puisse ressentir, devant la douleur d’une fracture ouverte et d’un accouchement sans péridurale.

Les douleurs, courtes mais extrêmement intenses et rapprochées, sont présentes quotidiennement sur plusieurs jours voire semaines, toujours à la même période de l’année – souvent confondues, à ce titre, avec des allergies saisonnières. Elles se situent au niveau du front, de la tempe ou de l’œil. À la différence de la douleur migraineuse qui change de côté d’une crise à l’autre, la douleur des céphalées en grappe se situe toujours du même côté du visage.

Par ailleurs, les crises de douleur sont souvent accompagnées de symptômes neurovégétatifs de type larmoiement, écoulement nasal…

La névralgie faciale

C’est une lésion ou irritation d’un nerf crânien innervant la face et qui provoque des douleurs au visage accompagnant la céphalée. Très localisées, violentes, lancinantes mais courtes (quelques fractions de seconde) les crises sont à répétition.

Les principales névralgies primaires sont :

1 – Névralgie du trijumeau (la plus fréquente)

Sous forme de décharges électriques, elles sont souvent déclenchées par la mastication ou le brossage des dents. Avant 40 ans, son apparition est un signal d’alarme nécessitant la recherche d’une cause secondaire.

2 – Névralgie d’Arnold

Comprimé ou irrité dans la région cervicale, le nerf grand occipital ou nerf d’Arnold provoque alors des douleurs ressenties dans la nuque et irradiant à l’arrière du crâne ou jusqu’au sommet de la tête, voire même jusque dans les yeux.

Ces douleurs peuvent être accompagnées de décharges électriques ou d’une sensation de brûlure continue, et le froid ou des mouvements cervicaux peuvent y contribuer.
Plus rares, on notera aussi l’existence d’autres types de névralgies : la névralgie essentielle du nerf intermédiaire, qui provoque des douleurs dans un canal auditif, la névralgie glossopharyngienne, branche du nerf IX, qui provoque des douleurs dans le pharynx et les oreilles, la névralgie du nerf laryngé supérieur, branche du nerf X, qui provoque des douleurs sous-mandibulaires et dans les oreilles, et le syndrome “nuque-langue”, qui provoque des douleurs en haut de la nuque ou dans la région occipitale.

L’hémicrânie paroxystique chronique

Il s’agit d’une céphalée apparentée aux céphalées en grappe. La différence se situe au niveau des crises, plus brèves mais plus nombreuses au cours de la journée, ainsi qu’à une réponse positive à l’indométacine, un type d’antalgique anti-inflammatoire.
Autres formes de céphalées primaires plus rares : la céphalée névralgique unilatérale brève avec injection conjonctivale et larmoiement (SUNCT), la céphalée à l’effort physique, les céphalées hypniques (maux de tête pendant le sommeil).

CÉPHALÉES SECONDAIRES

Les céphalées secondaires sont donc des maux de tête conséquents à une autre problématique. Plusieurs causes sont possibles :

Causes générales

  • Fièvre
  • Désordres métaboliques de type hypoglycémie
  • Hypertension artérielle
  • Pré-éclampsie
  • Exposition au monoxyde de carbone
  • Causes infectieuses virales ou bactériennes

  • Affections ORL telles que les rhino-sinusites
  • Infection dentaire
  • Méningite
  • Névralgie post-herpétique (suite au zona)
  • Neuropaludisme
  • Pneumonie
  • Grippe
  • VIH/SIDA
  • Encéphalite
  • Zona
  • Maladie de Lyme
  • Causes vasculaires crâniennes ou cervicales

  • Hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA)
  • Hématome sous-dural
  • Accident vasculaire cérébral (AVC)
  • Thrombose des sinus veineux – il faut particulièrement y songer chez la femme en surpoids, tabagique, sous contraception orale ou en post-partum
  • Maladie de Horton : inflammation des artères temporales survenant chez les personnes âgées (maux de tête nocturnes et matinaux, sensibilité anormale du cuir chevelu, fatigue)
  • Anévrisme
  • Accident ischémique transitoire (AIT)
  • Hémorragie cérébrale
  • Causes médicamenteuses et alcool

    La prise abusive de médicaments (antalgiques, barbituriques, triptans, contraceptifs…) et leur sevrage peuvent provoquer des céphalées ou aggraver l’intensité de céphalées primaires. 
    La consommation d’alcool est aussi responsable de céphalées en raison de la déshydratation qu’elle engendre, de la toxicité de certains composants de l’alcool et de la perturbation du cycle du sommeil.

    Causes ostéo-articulaires

    • Douleurs cervicales
    • Toute pathologie de la colonne cervicale, comme les malformations de la charnière cervico-occipitale
    • Syndrome algo-dysfonctionnel de l’articulation mandibulaire (SADAM), douleur exacerbée par la mastication et irradiant vers la face
    • Trouble de l’occlusion dentaire

    Autres causes

    • Traumatismes crâniens (environ 4% des céphalées secondaires)
    • Processus expansifs cérébraux (néoplasies, abcès) : céphalées dûes à la pression intracrânienne
    • Glaucome aigu
    • Hydrocéphalie non communicante
    • Hypotension spontanée du liquide céphalorachidien
    • Céphalées de basse pression : perte du liquide céphalorachidien
    • Mal des montagnes : maux de tête dûs à l’altitude
    • Tumeur cérébrale
    • Hypertension intracrânienne idiopathique
    • Maladie auto-immune de type sclérose en plaques

    Les céphalées prennent donc de nombreuses formes, et sont parfois héréditaires, parfois résultantes d’une première pathologie. Quelles que soient leur forme et leur origine, un point commun faisant office de déclencheur subsiste : une hypersensibilité du système nerveux. Les nerfs crâniens subissent une inflammation lors de stimulations internes et externes. C’est là que peut intervenir la Pédagogie Neuro-Visuelle : en rééduquant les réactions du système nerveux, celui-ci retrouve un équilibre et peut à nouveau traiter les informations de façon ajustée. En l’absence de réactions nerveuses disproportionnées, l’hypersensibilité est diminuée. En complément d’une rééducation alimentaire, d’une meilleure hygiène de vie et d’un traitement médical approprié si nécessaire, les états inflammatoires eux aussi sont amoindris, et les problèmes de migraines ou de céphalées dûes à une cause fonctionnelle nerveuse sont réduits ou parfois même disparaissent totalement.

    Amandine
    Goupil

    Praticienne PNV

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